Stéphane de Gérando /researcher
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Academic works /Authorization to supervise researches (résumé)
L'oeuvre musicale contemporaine en question. Création et matériau.
Ce dossier d’habilitation comporte trois livres. Le premier, divisé en deux parties, débute par un curriculum vitae détaillé précisant la formation, les expériences pédagogiques et administratives, la liste des publications, communications, compositions. La seconde partie intitulée Pour une expérience de la recherche et de l’écriture musicale est une présentation résumée de la recherche qui tente de montrer la cohérence développée depuis ses débuts. Cette synthèse souligne la diversité des angles d’approche - historique, esthétique, analytique, institutionnelle, épistémologique, technique, compositionnelle. Deux axes de recherche complémentaire apparaissent distinctement. L’un traite du contrôle de la synthèse sonore informatique de type additif et de la composition assistée par ordinateur et l’autre porte sur la notion d’œuvre et de création, sujet du second livre intitulé L’œuvre musicale contemporaine à l’épreuve du concept. Le dernier livre propose des copies d’articles publiés et des exemples de partitions citées associées à des enregistrements (deux C.D.). Dans le domaine de la synthèse sonore, une phase expérimentale montre les enjeux d’une relation entre l’élaboration d’un synthétiseur virtuel, son contrôle, la perception et l’écriture ou l’invention du timbre au-delà de références acoustiques naturelles et instrumentales prédéterminées. Les premières constatations mènent à un contrôle plus efficace et vertical de la synthèse tout en introduisant une problématique générale liée au tout algorithmique. La problématique évolue vers les concepts de modèle, de paradigme, de représentation et de contrôle du timbre. Trois étapes ont marqué le développement de la réflexion. Une première collaboration avec un scientifique, Laurent Pottier, dans le cadre de l’I.R.C.A.M., nous a permis de développer la première interface de communication entre les environnements de programmation Patchwork et Csound (synthétiseur). Une conférence à l’Espace de Projection de l’I.R.C.A.M. en 1998 a fait l’objet d’une présentation des résultats de ces travaux de recherche (étude des relations entre combinatoire symbolique et perception). La deuxième phase était expérimentale ou plus liée à une application musicale de la recherche, avec des développements spécifiques en composition assistée par ordinateur. Binaurale est le titre d’une étude électronique où les sons ont été entièrement générés par ordinateur par les programmes réalisés à l’époque. A compter de cette période, nous avons ressenti le besoin de collaborer de nouveau avec des scientifiques pour explorer des paradigmes originaux de contrôle de la synthèse additive. Indépendamment des enjeux scientifiques et musicaux, cette recherche rejoint une question plus vaste abordant le lien qui existerait entre imaginaire et technique, invention et création. Concernant la seconde orientation de recherche, la création musicale ne se confond ni avec l’œuvre, ni même avec la perception ou la sensation ; la création est vécue et appréhendée comme une interrogation. Pour ce faire, nous sortons du discours itératif de l’œuvre sur l’œuvre en utilisant un élément extérieur au départ à son contexte : le concept. Quatre parties à la fois autonomes et complémentaires renvoient à quatre types de variation. La première traite d’une variation sur deux concepts ; frontière et apogée, chaque concept étant associé à une problématique singulière représentée par chapitre. La seconde partie comporte trois variations sur un même concept, celui de présence. La troisième, variation binaire, tente de définir deux concepts en musique - hasard et déterminisme - grâce à des rappels liés à l’histoire des sciences et la dernière partie, variation de la variation, introduit plus spécifiquement le concept de création musicale, en partant d’une synthèse des trois autres parties. Les thèmes de frontière ou d’apogée ont été choisis en collaboration avec le Laboratoire Pluridisciplinaire de Recherches sur l’Imaginaire appliquées à la littérature (L.A.P.R.I.L.), d’autres correspondant à des choix personnels en relation avec l’objet de cette réflexion. L’œuvre en question rappelle que notre appréhension de l’œuvre n’est ni acquise, ni offerte. Sa présence est une manifestation de l’expérience sans cesse renouvelée. Dire que la définition de l’œuvre se limite à des caractéristiques uniques et finies serait réducteur : l’œuvre s’apparente à un mouvement infini et complexe oscillant chaotiquement entre prévisibilité et imprévisibilité, expériences individuelles et collectives, culture, perception antécognitive et absence de mémoire. L’analyse du présent de l’œuvre transforme parfois son passé et son avenir, sans pouvoir affirmer que l’effet engendre la cause. L’œuvre en question décrit une perception qui n’est pas celle de l’accord – durée - couleur ou de l’équivalence des sons ou du cosmos mais de l’écoute de la technique et du concept comme matériaux permettant d’inventer l’œuvre. La technique relève de conditions matérielles singulières, d’un acte de travail spécifique, d’expressions sociales et historiques déterminées, le concept est quant à lui multiple, problématique et historique, conséquence d’un acte de travail spécifique… Les notions s’interpénètrent sans se confondre, la réflexion ne peut être coupée d’une analyse diachronique sans qu’apparaisse nécessairement l’idée de progrès dans l’art. Multiplier les angles d’approche représente une difficulté notamment due à l’impossibilité de recouvrir une culture universelle. Mais au même moment, il naît des idées de séparation, d’association, de mutation, d’hybridation de concepts qui nourrissent la réflexion. Dans ce contexte où la création est confrontée à l’exercice du doute, recherche et composition sont aujourd’hui les vecteurs d’une expérience à la fois séparée et fusionnée dans un avenir commun. Mai 2005
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